Le concept d’identité a connu une profonde métamorphose depuis la Révolution industrielle. Autrefois, l’individu était défini par l’environnement physique qui le déterminait, et par l’appartenance ou l’adhésion à un groupe limité de communautés et d’institutions : famille, classe d’âge, village, école, église, nation, métier, syndicat ou parti. Ils formaient le cadre dans lequel étaient satisfaits l’ensemble des besoins de la personne.
Puis, avec l’émergence d’une conception de plus en plus économique de l’histoire et de la culture ainsi qu’avec l’éclatement des cadres traditionnels, la notion d’identité s’est progressivement construite autour de l’activité professionnelle. L’entreprise est devenue le principal pourvoyeur d’identité et de besoins sociaux.
Et vint la vie en réseau…
Le développement des réseaux sociaux et de la vie associative dont l’efficacité s’accroît avec le numérique font subir un nouvel avatar à l’identité sociale et culturelle. L’anonymat des espaces relationnels du cyberespace la rend plus flexible.
Pourquoi accepter les contraintes d’une identité unique, et la nécessité d’une vigilance pour maintenir la cohésion entre différents aspects parfois contradictoires de l’identité, lorsqu’il est si simple d’en individualiser quelques facettes en quelques clics ?
Et plus encore, à l’heure des CV anonymes et de l’embauche via SecondLife, comment ne pas entrevoir les avantages d’un entretien avec un avatar libéré des références à l’âge, à l’apparence physique ou à l’origine ethnique ?
L’identité ne se trahit alors que par des indices tels le niveau de langue ou la culture, c’est-à-dire par ce que nous sommes réellement.
Serions-nous passés en un siècle d’une identité définie exclusivement de l’extérieur à une démultiplication d’identités déclinées selon les contextes et les stratégies poursuivies par l’utilisateur : d’ordre professionnel, personnel, administratif ou ludique ? Read the rest of this entry ?
